

Travail, dignité et participation
Notre diagnostic :
Après un quinquennat de baisse, le chômage repart à la hausse. Cette situation alarmante naît de plusieurs facteurs :
- La crise s'endurcit et les politiques publiques ne s'adaptent ni à leurs conséquences, ni à l'évolution des métiers sous l'influence de la technologie. À l'heure où la programmation appliquée de l'intelligence artificielle s'apprête à remplacer de nombreux métiers, nous restons sur les professions telles qu'ils existent aujourd'hui et tels qu'elles sont menacées.
- Le travail ne paie et n'implique pas assez. Les nouvelles générations ne veulent pas se détourner du travail, bien au contraire, mais elles veulent exercer dans des conditions saines et être actrices de leurs conditions d'exercice. Par ailleurs, 44 % des travailleurs français s'estiment en détresse psychologique (ce qui explique 20 % des arrêts maladie), dont 14 % en situation aggravée. La concurrence des aides sociales est donc féroce.
- L'action pour l'emploi est trop centralisée et trop tournée vers les grandes villes. En résultent des taux de chômage très élevés dans certains départements (12,5 % dans les Pyrénées-Orientales, 10,5 % en Seine-Saint-Denis, 10,7 % dans l'Aisne, 19 % à La Réunion)... ou excessivement bas dans la mesure où tous les demandeurs d'emploi ont déjà quitté le territoire.
- Le traitement des entreprises par l'État n'est pas équitable. Les plus grandes ont abusivement profité de l'échec du C.I.C.E., avec des aides distribuées sans conditions suffisantes de création d'emploi, alors que les petites entreprises doivent se plier en quatre pour obtenir des aides à l'embauche.
- La fiscalité salariale et l'intervention de l'État sont top lourdes. Un salaire coûte parfois à l'entreprise le double de ce qu'il rapporte au salarié.
- Les jeunes et les seniors sont défavorisés par le marché du travail. Les premiers car il n'ont pas l'expérience des autres, qui eux éprouvent des difficultés à cause de l'âgisme.
Notre direction :
- Nous voulons que le salarié ne soit plus spectateur de son rôle dans l'entreprise, mais acteur. Que sa parole compte dans l'amélioration de ses conditions de travail.
- Nous voulons que le travail paie mieux, sans hausse d'impôts.
- Nous voulons que la dignité et les conditions de vie au travail s'améliorent, grâce à une meilleure prise en compte des salariés dans l'entreprise.
- Nous voulons que l'action pour l'emploi et contre le chômage tienne compte des spécificités des territoires et soit plus importante dans les zones rurales.
- Nous voulons réduire l'intervention de l'État à l'endroit des entreprises : moins d'aides, moins d'impôts, plus de liberté.
Nous proposons de :
1. Généraliser la participation des salariés au capital, aux décisions et aux bénéfices des entreprises.
La participation salariée au capital dans l'entreprise ne se résume pas à une simple rétribution additionnelle, comme l'envisageait le ministre Le Maire. Il s'agit de l'inclusion des salariés sous la forme de redistribution d'actions, rendant, de fait, incontournable, la participation de ces derniers aux décisions prises par le conseil d'administration en plus d'une présence dans le partage des revenus issus du capital. Nous voulons généraliser progressivement ce fonctionnement à toutes les entreprises de France. De cette façon :
- les salariés détiennent l'entreprise, au même titre que les actionnaires ;
- les salariés contribuent à l'évolution et aux décisions de la société, impactant directement leurs conditions de travail ;
- les salariés prennent part à la redistribution des revenus du capital, et ce dans les mêmes conditions fiscales que tous les revenus du capital, puisqu'ils seront en réalité salariés et actionnaires ;
- par conséquent, l'entreprise ne pourra plus augmenter les actionnaires sans augmenter de la même manière les salariés.
2. Veiller à la bonne application de la participation : l'entrée de salariés au conseil d'administration.
La participation des salariés aux instances de direction est fondamentale. Elle a été très timidement orientée par la loi Pacte de 2019 avec des premiers effets positifs. La participation salariée au capital permettra d'amplifier le mouvement et de rééquilibrer la présence des employés. Ceux-ci connaissent la réalité du terrain et pourront mieux orienter les décisions, notamment dans l'intérêt de la pérennité de l'organisation.
3. Pérenniser le modèle SCOP (Société COopérative et Participative).
Il est l'aboutissement d'une communion d'intérêts et permet que chacun s'épanouisse à sa place : il protège la rentabilité et la viabilité de l'organisation, tout en respectant les salariés eux-mêmes copropriétaires.
4. Développer l'expérimentation Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée (TZCLD)
Alors que les gouvernements nommés par Emmanuel Macron envisagent le retour à l'emploi coûte que coûte au mépris de la profession et des conditions de travail, TZCLD analyse les besoins des collectivités et tissus économiques locaux, pour proposer aux demandeurs d'emplois une mission leur correspondant.
En bref, TZCLD part du constat que les entreprises des territoires peinent à recruter, et réoriente les dépenses d'État de l'assistance vers le travail, grâce à des solutions au plus près du terrain.
5. Épurer les normes afin que l'inspection du travail recentre véritablement son contrôle sur la dignité et les conditions de travail.
Dans cette direction, nous pouvons notamment mentionner le fait que les normes ISO sont, dans beaucoup de domaines, un indicateur suffisamment puissant pour définir l'espace de travail, en matière de sécurité et d'environnement notamment. Elles constituent souvent des arguments pour faire valoir la qualité des produits et services proposés par l'entreprise. Ces normes ISO disposent par ailleurs de leurs propres émissaires chargés de faire appliquer leur respect à ceux qui y souscrivent. Il y a donc lieu d'éviter et de revenir sur les excès de transpositions de normes. Les inspecteurs du travail pourront alors se recentrer sur l'essentiel de la vie en entreprise : le bien-être au travail.
6. Renforcer la présence et la conversion de sociétés à mission.
Les sociétés à mission se donnent des objectifs supplémentaires à leur recherche de profit, notamment sur le plan social ou environnemental. Elles permettent ainsi de donner un sens supplémentaire à des métiers faits de tâches répétitives. Nous souhaitons les encourager sur le plan fiscal.
7. Réduire l'intervention de l'État : moins d'aides, moins d'impôts, plus de liberté.
Les dispositifs massifs d'aides ont souvent constitué un échec, notamment le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) de François Hollande, distribué sans conditions de création d'emplois. Il en existe aujourd'hui plus de 2000 en France. Certaines très faciles d'accès, souvent en direction des grandes entreprises. D'autres contraintes au respect de normes excessives. De l'autre côté, les charges salariales trop élevées dissuadent, et, parfois, empêchent les petites entreprises d'embaucher.
En réduisant drastiquement les aides aux entreprises, nous financerons une baisse des impôts, donc un écart réduit entre salaire brut et salaire net. Par ailleurs, nous garderons une marge de manœuvre pour aider, ponctuellement, les entreprises des secteurs menacés à se reconvertir vers un nouveau paradigme.
8. Réduire la fiscalité du travail des moins de 30 ans et des plus de 55 ans.
Même à fiscalité réduite, le travail est à la fois source de mieux vivre, et moins cher pour l'État que les aides.
