

Retrouver le sens de l'éducation
Notre diagnostic :
- La maîtrise du français se perd, tout particulièrement l'expression orale. Au delà de l'image que cela engendre dans le monde professionnel, ce triste constat fait perdre un temps précieux aux élèves dans la réussite de leurs examens, concours, démarches administratives et actes de la vie quotidienne.
- Le niveau du brevet et du baccalauréat ont terriblement chuté, et contraignent l'enseignement supérieur et les entreprises à alourdir leurs formations pour mener à bien le même travail.
- Tous les élèves n'apprennent pas de la même manière, et c'est humain. Cependant, les groupes "de niveaux" et les classes bilangues sont critiqués à tort pour des raisons idéologiques. Pourtant, ils répondent à des méthodes d'apprentissage différentes et les plus fortes progressions sont observées chez les groupes considérés comme plus "accessibles". Depuis la création en 2024 des "groupes composés selon les besoins des élèves, le seul effet négatif constaté a été le nivellement par le bas de certains groupes alors qu'il aurait été plus opportun d'y associer d'autres méthodes d'enseignement.
- ParcourSup ne fonctionne pas. La disparition du critère de motivation
- L'autorité des enseignants recule de manière préoccupante. Les savoir-vivre sont moins appris par les enfants, tant à cause de l'institution que du cadre familial qui se dégrade. L'esprit "pas de vague", criminel, a étouffé le tout et amplifié la crise.
- Le métier d'enseignant n'est pas assez attractif. Le niveau des salaires est indigne au regard de l'effort fourni, sur le lieu de travail comme en dehors.
- Le lycée, qui permet en théorie de guider les élèves selon le nombre d'années d'études qu'ils souhaitent faire, ne remplit plus sa mission. Les filières professionnelles et les formations par alternances sont méprisées alors qu'elles constituent des critères de choix pour nombre de recruteurs.
- Trop souvent, les élèves victimes de harcèlement scolaire sont ceux qui se retrouvent contraints de changer d'établissement, tandis que leurs agresseurs restent en place et parfois impunis.
Notre direction :
- L'école doit garantir les fondamentaux. C'est parce que l'on connaît les codes que l'on apprend ensuite à les interroger. Sans ce préalable, l'émancipation est impossible.
- Le niveau doit être relevé. Nous sommes trop nombreux à nous interroger sur la différence croissante entre le niveau du baccalauréat actuel et celui que l'on a vécu.
- Nous ne voulons pas fermer les yeux sur l'échec scolaire et prendre le risque qu'il se transforme en échec professionnel.
- L'enseignement doit savoir s'adapter aux élèves et à leurs mécanismes d'apprentissage. L'égalitarisme gomme de manière hypocrite les sensibilités individuelles des élèves.
- Ce n'est pas à l'élève harcelé de changer d'établissement, mais à l'élève harceleur ou perturbateur.
- L'enseignement professionnel et la formation par alternance méritent une bien plus grande reconnaissance.
- Un élève d'un niveau inférieur mais d'une motivation supérieure peut s'avérer plus intéressant qu'un élève relevant du cas inverse.
- Le phénomène "pas de vague" et l'insécurité en milieu scolaire doivent être éradiqués.
Nous proposons de :
1. Décentraliser entièrement l'éveil scolaire et concentrer l'État sur le primaire et le secondaire.
Les institutions locales sont bien plus à même que l'État de connaître le territoire de proximité des tout-petits et, avec lui, les repères qu'ils ont au quotidien. Cette délégation de compétences permettra de consacrer un temps supérieur à la reconstruction de l'éducation primaire et secondaire.
2. Supprimer la carte scolaire.
Aujourd'hui, les familles y sont contraintes, parfois contre leur gré. Seules les plus aisées peuvent la contourner en scolarisant leur enfant dans le privé. Ce droit doit être rendu aux classes moyennes et populaires.
3. Diriger les meilleurs enseignants vers les groupes demandant la plus grande adaptation aux élèves.
Avec les anciens "groupes de niveaux" du début des années 2010, plusieurs établissements parvenaient à imposer la même évaluation à l'ensemble de leurs groupes, et observaient les meilleurs résultats chez les groupes supposés "moins bons". Nous devons nous en inspirer.
4. Donner la liberté au principal de collège public de recruter ses enseignants et de refuser les élèves qui nuisent au collectif.
Plutôt que de dépendre du bon vouloir des rectorats, les enseignants seront ainsi recrutés avec une plus grande proximité et sauront sur quels critères leur sort a été décidé.
5. Élever le niveau général de l'enseignement public.
Commencer par relever le niveau de l' "oral du brevet" (retour à des sujets imposés) et de l' "oral du bac" (retour aux oraux de langues vivantes), et par instaurer un certificat à la fin du cycle primaire (français et mathématiques).
6. Réformer profondément ParcourSup : rétablir la hiérarchisation des vœux, réaliser un audit sur l'acceptation par les établissements supérieurs des élèves extrarégionaux et agir en conséquence.
ParcourSup était censé offrir de plus grandes chances aux élèves issus de la France périphérique d'intégrer les établissements supérieurs franciliens et inversement. Cette promesse serait en réalité très loin d'être tenue, s'empirant même dans certains domaines.
7. Lutter contre le phénomène "pas de vague" en étendant les compétences de l'inspection d'académie aux chefs et aux administrations d'établissement.
Aujourd'hui, l'inspecteur d'académie peut conseiller un chef d'établissement sur demande du rectorat. Nous souhaitons qu'il puisse aussi, en cas de signalements d'enseignants et avec l'aval du même recteur, exercer une mission de contrôle de l'administration scolaire afin de déceler les établissements qui négligent ou répriment l'autorité du professeur.
8. Renforcer les coopérations entre commissariats nationaux et établissements secondaires victimes d'incidents, délits et crimes.
Ne pas hésiter à mettre en place une présence policière armée si les établissements signalent un climat préoccupant.
9. Mieux rémunérer les enseignants.
Par ailleurs, offrir le même salaire aux enseignants du public et du privé sous contrat, qui subissent une différence de traitement injustifiée et discriminatoire alors que tous remplissent très exactement la même mission.
10. Renforcer les liens entre lycées professionnels, CFA et entreprises.
Objectif : favoriser au maximum la création d'emploi local à la sortie d'études.
11. Valoriser les cursus permettant à des jeunes diplômés d'un baccalauréat professionnel d'envisager des études supérieures.
Ils permettent de casser cette réputation de "voie de garage" donnée à tort à l'enseignement professionnel, et aux anciens élèves d'envisager une nouvelle corde à leur arc.
12. Renforcer les places de formation par alternance.
Étudier, au cas par cas, le nombre de places en formation initiale et en alternance dans l'enseignement supérieur public. Conditionner l'ouverture d'établissement privés à la présentation de partenariats avec le monde de l'entreprise afin de favoriser l'insertion professionnelle.
13. Mieux former les enseignants du secondaire à l'inclusion des élèves souffrant de handicap, d'autisme ou dont la langue maternelle n'est pas le français.
À budget égal, assigner un plus grand nombre d'heures de formation continue à ces fins, et relever massivement le niveau d'acceptation des formateurs dans les autres domaines.
14. Garantir l'indépendance du contenu enseigné vis-à-vis des marques et des entreprises.
Continuer de remplacer systématiquement les noms de grandes marques par l'appellation officielle en langue française des produits concernés. Exemple : ne pas dire "Nutella" mais "pâte à tartiner".
