

Retrouver la force culturelle française
Notre diagnostic :
- La liberté d'expression et de création est menacée par la cancel culture, venue des milieux d'extrême gauche et de la culture woke, mais aussi de l'extrême droite. Souvent, les censures qui en découlent touchent toute une équipe au-delà du seul artiste critiqué. De même, la dénonciation d'appropriation culturelle, souvent issue des milieux décoloniaux et nationalistes étrangers, met à mal la liberté de création en politisant chaque démarche créatrice, alors que les seuls juges devraient être le public et le bon goût.
- Le régime des intermittents du spectacle est remis en cause pour ce qu'il n'est pas. Il consiste, tout simplement, à reconnaître, au-delà d'un seuil horaire de prestations publiques, le travail fourni par les artistes en privé (répétitions, conception, sculpture, peinture, photographie...). La devise de la valeur travail étant : "tout travail mérite salaire". Ce statut est remis en cause par des personnalités comme Marion Maréchal dont le seul objectif est de s'attaquer à ses ennemis culturels, alors que la plupart des orchestres classiques français dépendent du même statut.
- Le régime est cependant malmené par l'absence totale de stratégie artistique publique, et par les attributions de subventions qui en découlent. Celles-ci se voient alors attribuées à des créations dont la réalité de la démarche artistique est discutable et qui ne trouvent pas leur public pour cette raison précise.
- Le Ministère de la Culture n'a plus de stratégie culturelle. Au début de la Vème République existait le Ministère des Affaires culturelles, dont l'objectif était le rayonnement artistique de la France à l'international. Depuis, le portefeuille d'Etat se fixe pour objectif de faire vivre le monde de la culture : le problème ne vient pas de cette nouvelle mission, mais du fait que l'État a délaissé la première pour s'y consacrer exclusivement. Exemple : l'État n'a pas su voir le succès potentiel, qui s'est mondialement confirmé, de la French Touch : les artistes ont du se débrouiller par eux-mêmes.
- Les festivals et magazines restent caricaturalement centrés sur une étiquette musicale, alors que ce sont ces musiques les plus ancrées dans les codes qui sont les plus menacées par l'intelligence artificielle, et que ce mode opératoire délaisse les artistes les plus originaux et novateurs.
- Certaines œuvres d'art, dont la réalité de la démarche artistique interroge, est vendue à des prix prohibitifs à des fins de défiscalisation. En d'autres termes, une partie élitiste et inintéressante de l'art est devenue purement spéculatoire, et la politique culturelle d'Anne Hidalgo s'en est fait l'écho le plus médiatique.
- Dans la mesure où nous ne sommes pas le seul pays francophone, nous ne pouvons pas interdire l'usage de l'IA dans le secteur culturel. Persister dans le déni, c'est inciter les clients et investisseurs étrangers à se tourner vers la Belgique ou le Canada plutôt que la France. C'est tuer la filière artistique française. En revanche, nous pouvons et devons encadrer l'IA, pour respecter la propriété intellectuelle des artistes desquels ses algorithmes s'inspirent, et lutter contre le plagiat.
- Les chaînes de la TNT ne mettent pas assez en avant la création artistique française, alors que le service public salarie de nombreux talents dans ces domaines. Trop d'émissions sont achetées aux Etats-Unis notamment. La radio a su corriger ce déséquilibre lors de la mise en place de la loi Carignon, contraignant à la diffusion de 40 % de musique française sur les ondes. À l'écran, le court-métrage est à la fois un vivier de créativité et un puissant moteur de promotion de nouveaux créateurs.
- Les écoles privées dans le secteur culturel, notamment privées, sont très nombreuses, souvent chères, et trop éloignées du monde de l'entreprise. Elles commencent donc à susciter la méfiance du milieu. Ce sont de nombreuses carrières qui sont plombées par un enseignement inefficace, surtout au regard de son coût.
- La culture et les traditions de nos territoires sont menacées.
Notre direction :
- Nous défendons fermement la liberté d'expression et de création.
- Nous voulons maintenir le régime des intermittents du spectacle et lutter contre les abus à son endroit, car ils existent et les autres artistes en sont les premières victimes collatérales.
- Les subventions au secteur culturel doivent être mieux maîtrisées : la France doit retrouver une stratégie. Nous croyons à la culture subventionnée, pour peu qu'elle repose sur un choix d'image et sur la mise en valeur de la nouveauté qui bouleversera le monde.
- La défiscalisation doit permettre de soutenir la création artistique, et non l'inverse. L' "art spéculatoire" ne doit plus être soutenu.
- La stratégie de la France doit permettre à la culture de se diversifier dans les domaines que l'IA ne remplacera pas, notamment le spectacle vivant et l'innovation stylistique.
- La propriété intellectuelle, première source d'inspiration de l'IA, doit être défendue pour les ayants droit.
- Le secteur privé ne peut plus avoir pour but de répondre à une offre, mais d'insérer les jeunes dans le monde du travail.
- Nous voulons valoriser toutes les traditions régionales, à l'exception de celles nuisant à l'intégrité physique du Vivant.
Nous proposons de :
1. Renforcer la protection de la liberté d'expression, de création artistique et d'enseignement.
Renforcer les peines prévues par l'Article 431-1 du code pénal sur la création artistique et l'exercice de la fonction d'enseignant.
Élargir le délit à la création intentionnelle des conditions administratives et matérielles entravant la liberté de création artistique et de diffusion. Rajouter une circonstance aggravante de discrimination professionnelle collatérale, dont les bénéfices des amendes seraient reversés aux autres artistes qui accompagnent une tournée de concerts censurée ou ont œuvré à un film dont la projection a été censurée, à des fins de cancel culture à l'encontre d'un seul.
2. Refuser toute législation de l'appropriation culturelle, qui judiciariserait un chantage liberticide.
La diversité artistique est née du mélange des cultures, et l'histoire a maintes fois montré (French Touch, Berlioz, Ravel, Gainsbourg...) que ce mélange a su se faire avec adresse, avec une forte profondeur de style et à bon escient. Céder au chantage de l'appropriation culturelle, c'est tuer la liberté de création artistique. Seuls le public et le bon goût doivent être juges de la pertinence d'un mélange.
3. Rendre dégressif, au-delà d'un certain revenu en droits de propriété intellectuelle, le régime des intermittents du spectacle.
Les revenus issus des droits d'auteurs, des droits SACEM ou de propriété intellectuelle, font partie des revenus les moins imposés de France. Nous proposons de réduire le quote-part d'indemnisation en tant qu'intermittent pour les artistes gagnant déjà amplement leur vie grâce à ces autres revenus.
4. Retrouver une véritable stratégie artistique au niveau national.
C'est elle qui permettra de protéger les artistes dans les domaines où ils sont concurrencés par l'intelligence artificielle, de choisir à meilleur escient les prestations culturelles subventionnées, de distinguer l'art doué d'une démarche par rapport aux prétextes alimentaires, et de retrouver le sens du ministère gaulliste des affaires culturelles. Le rôle du ministère de la Culture doit être celui d'un promoteur de talents, identifiant au mieux les créateurs en avance sur tous les autres et susceptibles d'influencer le reste du monde.
5. Conditionner le versement des subventions nationales, aux festivals et aux magazines culturels, à leur polyvalence et à leur ouverture aux talents émergents.
Le système des premières parties doit être fortement encouragé pour faire découvrir de nouveaux visages et pour élargir la ligne éditoriale du festival ou du magazine, à l'heure où l'IA menace les styles clairement identifiés.
6. Mettre fin au financement public de l'art ''spéculatoire''.
Stopper la défiscalisation des œuvres d'art à partir de la troisième création vendue à une somme à six chiffres ou supérieure.
7. Encadrer l'usage de l'IA dans la création artistique, pour faire respecter la propriété intellectuelle des créateurs et lutter contre le plagiat.
S'appuyer sur les institutions de propriété intellectuelle comme la SACEM, et reverser le bénéfice issu des amendes à la SPEDIDAM.
8. Valoriser et diversifier la création française au petit écran, notamment le court-métrage.
Trouver un équivalent du quota Carignon pour la télévision française, et le mettre en adéquation avec une stratégie culturelle retrouvée.
9. Pousser les écoles privées de la culture à mieux se spécialiser et à mieux se lier au tissu entrepreneurial.
Réexaminer les subventions et la reconnaissance par l'État des diplômes des écoles privées de la culture, et les conditionner à une meilleure spécialisation et à une meilleure insertion.
N'attribuer ces équivalences qu'aux écoles prenant parti pour un domaine culturel ou un autre, et/ou recrutant très fortement leurs étudiants en formation en alternance.
10. Pérenniser l'option ''langue régionale'' du baccalauréat et y adjoindre une vocation culturelle.
Cette option a été introduite par le ministre Geffray. Faire de même avec les filières régionales de l'ensemble de l'enseignement secondaire.
