

Alimentation : quel paradigme ?
Notre diagnostic :
Les différents régimes alimentaires et de vie (omnivore, végétarien, végétalien, végan) ont parfois suscité les tensions, pour de bonnes comme pour de mauvaises raisons.
- La Nature et la sélection naturelle ont bâti des écosystèmes, dont les espèces constituent un cycle. Entre ces espèces, des chaînes alimentaires se sont construites tout aussi naturellement. Il y a donc des espèces d'animaux végétariennes, carnivores et omnivores.
- Un autre fait naturel : le végétarisme de certains sujets d'une même espèce, à commencer par l'être humain. Il est donc impossible de balayer d'un revers de main l'existence de nombre de nos concitoyens qui ne se nourrissent pas de viande.
- Les végétariens doivent toutefois adapter leur alimentation, en adopter une équilibrée, et veiller à la présence avec elle de vitamines D, B12 et B2. Par ailleurs, l'assimilation des protéines animales et végétales par le corps humain n'est pas tout à fait la même.
- Le végétarisme progresse, aussi bien pour des raisons éthiques que de pouvoir d'achat. Dans le deuxième cas, cela peut être direct (des amateurs de viande n'ayant pas les moyens de s'en procurer) ou indirect (les enfants des premiers sont donc moins souvent en contact avec la viande et s'en sentent moins dépendants).
- Certains courants exigent la végétalisation de l'ensemble de la société. Nous n'en sommes pas, car la contrainte n'a jamais suscité l'adhésion, qui reste le moteur le plus puissant de changement.
Notre direction :
- L'être humain est omnivore, et la liberté alimentaire, que nous soutenons, ne saurait priver de la valorisation des régimes sans animaux. Après tout, la liberté passe aussi par la connaissance et l'accessibilité.
- Nous ne voulons donc pas punir les mangeurs de viande, mais mettre en avant la diversité de notre alimentation. Seules les limites planétaires doivent nous inciter à adapter l'alimentation au sens large, tous régimes confondus.
- Manger végétarien ou végétarien ne doit pas empêcher de manger équilibré.
- La végétalisation de notre alimentation ne doit pas nous pousser vers la généralisation des aliments de synthèse. En effet, ceux-ci engendrent des problématiques nouvelles : de santé, de souveraineté, d'accessibilité aux plus démunis, de bioéthique, de bilan carbone et bien d'autres.
Nous proposons de :
1. Préserver la liberté alimentaire.
Le progrès sous la contrainte suscitera l'émergence de discours réactionnaires et nuira à la cause du Vivant.
2. Généraliser, dans les cantines publiques d'État, la présence d'un menu végétal alternatif.
Parmi ces cantines, celles des établissements de l'enseignement supérieur.
Certaines communes sont revenues sur ces menus alternatifs au nom de la cohésion nationale, pointant du doigt le rejet du porc par les élèves musulmans. Cependant, les petits Français végétariens, toutes opinions religieuses confondues, se sont retrouvés lésés par ces initiatives.
3. Expérimenter l'introduction de substitutifs végétaux dans le cadre des menus alternatifs, en vue d'étudier leur taux de consommation.
Au terme de l'expérimentation, laisser les établissements libres de la posture à adopter en fonction du succès rencontré. Garder pour objectif premier et inaliénable la lutte contre le gaspillage.
4. Encourager la recherche dans le secteur des alternatives végétales.
Agir dans le strict respect des réglementations existantes sur les taux de substances chimiques.
La création de filières françaises dans un tel domaine est un gage de souveraineté comme de circuits courts. Toutefois, gardons à l'esprit que cette recherche ouvre la voie de l'artificialisation de l'alimentation et l'intérêt général exige de prévenir tout risque sanitaire connu ou nouveau.
5. Accompagner les éleveurs souhaitant procéder à une reconversion professionnelle.
Aider au désendettement, faciliter l'accès à la formation, et accompagner dans le développement de la nouvelle activité.
6. Améliorer la formation des professionnels de santé à la nutrition dans l'ensemble des régimes alimentaires.
Accroître le nombre d'heures consacré et ouvrir la formation sur les enjeux liés aux régimes non carnés.
7. Généraliser l'amende pour gaspillage alimentaire (secteur industriel) à l'ensemble des distributeurs et restaurants.
Favoriser ainsi la redistribution caritative au profit des Restos du Cœur et d'associations de protection animale.
Aujourd'hui, les industriels qui rendent impropres les denrées alimentaires invendues mais toujours consommables encourent une amende de 0,1 % de leur chiffre d'affaire. Augmenter cette amende à 0,5 % et l'étendre comme indiqué ci-dessus. Bien évidemment, les denrées périmées risquées pour la santé seraient exclues de l'infraction.
8. Autoriser le label "foie gras" et fixer la TVA à 0 % pour les foies gras animaux conçus sans gavage.
La reproduction de la suralimentation typique du foie gras est aujourd'hui possible avec des bactéries intestinales. Encourager l'innovation dans ce domaine, de manière à réduire tant la durée d'obtention des résultats que le coût.
Le foie gras sans oie, lui, jouit de l'appellation "faux gras", qui lui a permis d'acquérir une popularité notable. Le rebaptiser "foie gras" par l'accès au label du même nom n'aurait pas de sens.
